https://fr.aleteia.org/2026/04/16/israel-et-le-liban-actent-un-cessez-le-feu-de-dix-jours

AFP – publié le 16/04/26
Donald Trump a annoncé jeudi 16 avril qu’Israël et le Liban s’étaient mis d’accord sur un cessez-le-feu de dix jours incluant le Hezbollah pro-iranien et que les dirigeants des deux pays se rencontreraient prochainement à la Maison Blanche. A peine actée, cette trêve semble pourtant déjà compromise par des violations aussi bien du Hezbollah que de l’armée israélienne.
Le cessez-le-feu au Liban déjà fragilisé ? L’armée libanaise a accusé Israël vendredi 17 avril, quelques heures à peine après l’entrée en vigueur d’une trêve, d’avoir commis des « actes d’agression » et des bombardements. Le Hezbollah a annoncé de son côté avoir attaqué des soldats israéliens en représailles.
Sur son compte X, l’armée a évoqué « un certain nombre de violations de l’accord, plusieurs actes d’agression israéliens ayant été recensés, sans compter les bombardements sporadiques qui ont touché plusieurs villages ».
« Il faut tout faire pour que le cessez-le-feu soit respecté (…) La situation libanaise est absolument dramatique », a réagi sur TF1 la ministre des armées, Catherine Vautrin, alors que la France est tenue à l’écart des négociations de paix par Israël. Emmanuel Macron a lui aussi exprimé sur X sa « préoccupation » que le cessez-le-feu « puisse d’ores et déjà être fragilisé par la poursuite d’opérations militaires. » Le président français « demande la sécurité pour les populations civiles des deux côtés de la frontière entre le Liban et Israël. Le Hezbollah doit renoncer aux armes. Israël doit respecter la souveraineté libanaise et arrêter la guerre. »
Le 16 avril dans la nuit, Donald Trump écrivait sur sa plateforme Truth Social que le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu « se sont accordés sur le fait que, pour parvenir à la PAIX (…), ils commenceront formellement un cessez-le-feu de dix jours à partir de 17h00 ». « Les deux parties veulent la PAIX, et je crois que ça va se réaliser rapidement », a ajouté le président américain, qui a chargé son vice-président JD Vance, le secrétaire d’État Marco Rubio et le chef d’état-major de l’armée Dan Caine de travailler avec les deux pays vers « une paix durable ».
Ce cessez-le-feu, a ensuite précisé Donald Trump devant des journalistes, comprendra le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah. Le département d’État américain a ensuite fait savoir que le Liban s’était engagé à prendre des « mesures concrètes » pour empêcher toute attaque du Hezbollah contre Israël dans le cadre du cessez-le-feu.
Quant à la rencontre qui s’annonce historique entre MM. Aoun et Netanyahu, elle aura lieu à la Maison Blanche « au cours des quatre ou cinq prochains jours », selon le président américain. « Ce sera la première fois qu’ils se rencontrent en 44 ans, ce qui n’est pas du bon voisinage, vu qu’ils sont voisins », a précisé Donald Trump, en référence à une rencontre en 1982 entre les dirigeants israéliens et le président élu du Liban Bachir Gemayel, assassiné avant sa prise de fonction. Mais il n’y a encore jamais eu de rencontre officielle connue entre un Premier ministre israélien et un président libanais en exercice. Les deux pays sont techniquement toujours en état de guerre depuis des décennies. Des discussions directes s’étaient tenues mardi entre les ambassadeurs des deux pays à Washington, les premières du genre depuis 1993.
Un million de déplacés au Liban
Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient début mars quand le Hezbollah, mouvement armé chiite pro-iranien, a visé Israël pour soutenir l’Iran face à la vaste offensive israélo-américaine lancée fin février. Israël a alors entrepris des bombardements et des opérations militaires en territoire libanais. Depuis, plus de 2.000 personnes ont été tuées au Liban dans les frappes israéliennes, selon les autorités, et environ un million ont été déplacées – soit un cinquième de la population du pays, selon l’ONU.
Quelques heures avant l’entrée en vigueur prévue du cessez-le-feu, le ministère de la Santé libanais a d’ailleurs fait état de sept morts et 33 blessés dans une frappe israélienne sur le sud du pays. Le Hezbollah avait, quant à lui, revendiqué plusieurs attaques sur des positions militaires dans le nord d’Israël.
En Israël, Benjamin Netanyahu a expliqué que le cessez-le-feu était l’occasion de conclure un accord de paix « historique » avec Beyrouth. Il a aussi assuré que pendant la cessation des hostilités, l’armée israélienne resterait présente dans le sud du Liban dans une bande frontalière de 10 km de profondeur.
De son côté, l’armée libanaise a demandé aux habitants du sud du pays déplacés par l’offensive israélienne de ne pas retourner chez eux malgré le cessez-le-feu. Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a salué l’accord de cessation des hostilités, tout comme la présidence française et la présidence de la Commission européenne et celle du Conseil européen.

