Le Vatican a accueilli les 22 et 23 octobre 2026 le Congrès International sur la Pastorale Scolaire et Universitaire, organisé par le Dicastère pour la Culture et l’Éducation dans l’Aula Paolo VI. Rassemblant près de 1 200 participants venus de plus de soixante pays, cet événement majeur s’est tenu autour du thème évocateur « Tracer de nouvelles cartes d’espérance ».
Au cœur de ces travaux internationaux, la délégation venue du Proche-Orient s’est particulièrement illustrée. Mlle Claire Said et Frère Louis Mjalli ont participé aux échanges depuis le Liban, représentant avec ferveur l’engagement éducatif du pays. Ils étaient présents aux côtés des Lasalliens français et de la communauté lasallienne internationale, ainsi que de M. Rock Achy, directeur de l’Institut libanais d’éducateurs à l’Université Saint-Joseph (USJ) de Beyrouth.
Lors des conférences thématiques, M. Rock Achy est notamment intervenu sur le thème « Éduquer à la paix dans un pays qui se déchire », témoignant de la manière dont la citoyenneté vécue et la mise en valeur du patrimoine (Projet Lie-Ban) peuvent devenir des outils concrets de réconciliation et de dialogue interculturel.
Intervenant dès l’ouverture du congrès, le Frère Carlos Gómez (Vicaire Général de l’Institut des Frères des Écoles Chrétiennes), a livré des pistes d’action concrètes pour renouveler la pastorale éducative :
- Inverser la priorité : la relation avant le programme : La pastorale ne doit plus se réduire à un simple calendrier d’activités ou d’événements. La communauté éducative n’est pas seulement un moyen pour la mission : la communauté est la mission elle-même.
- Transformer l’établissement en « maison des questions » : Au lieu d’apporter des réponses toutes faites, la pastorale doit accueillir avec audace les interrogations existentielles et les quêtes de sens des jeunes (identité, avenir, engagement).
- Adopter la grammaire des 7 verbes autour d’un axe : ACOMPAGNER :
- Acueillir ceux qui cherchent un abri ;
- Écouter la réalité vécue par les jeunes ;
- Annoncer l’Évangile comme source de vie ;
- Discerner ce qui humanise ou déshumanise le monde ;
- Relier pour tisser la fraternité et la communauté ;
- Servir les pauvres et les périphéries ;
- Espérer pour construire ensemble l’avenir.
- Protéger l’humain à l’ère numérique : Face au développement de l’intelligence artificielle, Frère Gomez rappelle la formule clé : « Nous sommes désir, pas un algorithme ». L’éducation doit préserver la liberté, l’intériorité et le sens critique des étudiants.
En continuité avec les enseignements majeurs de l’Église (notamment Fratelli tutti, Dilexi te et Magnifica Humanitas), les orientations du Pape Léon présentées lors du congrès insistent sur trois piliers fondamentaux :
- Forger une boussole intérieure : L’école et l’université ne peuvent pas fonctionner comme de simples « usines à professionnels » ou réduire l’étudiant à des données statistiques. Elles doivent aider chaque jeune à découvrir sa vocation unique et sa dignité.
- Une pastorale samaritaine centrée sur les vulnérabilités : L’option pour les pauvres et la prise en compte des périphéries sociales et existentielles doivent être le critère transversal de discernement de toute l’institution.
- Désarmer les esprits et éduquer à la paix : La paix s’apprend au quotidien. Il s’agit de désarmer les regards, les mémoires et les paroles pour passer d’une simple tolérance à une fraternité active capables de transformer les conflits.
En traçant ces « cartes d’espérance », ce congrès rappelle que la pastorale éducative dépasse l’organisation d’activités : elle est avant tout une présence, une écoute et un compagnonnage. Dans un monde marqué par de rapides mutations technologiques et sociales, les écoles et universités sont appelées à être des lieux de fraternité et de paix où chaque jeune apprend à forger sa boussole intérieure et à devenir acteur d’un avenir plus humain.
Frère Louis Mjalli
Coordinateur MEL Liban















