Source: LA SALLE France
Université lasallienne d’automne 2026 | Intelligence artificielle : Et si la première question était celle de notre posture d’éducateur ?
À l’occasion de la deuxième journée de l’Université lasallienne d’automne, le Frère André-Pierre Gauthier, le Père Pierre-Alexandre Collomb, Stéphanie Chauveau, Sandrine Olivier et Eliot Sberro ont croisé leurs regards sur les impacts vertueux de l’intelligence artificielle dans l’éducation. Personnalisation des apprentissages, accompagnement des jeunes en difficulté, gain de temps pour privilégier la rencontre humaine… L’IA ouvre de nouvelles perspectives.
Mais elle soulève aussi des questions essentielles : comment préserver l’esprit critique, le discernement, la créativité et la place de l’humain ?
Et si nous commencions par nous interroger sur la triche ? Avons-nous tous été irréprochables dans nos devoirs ? Qui n’a jamais recopié un texte, emprunté le travail d’un camarade ou bénéficié d’un coup de main de ses parents ? L’IA donne aujourd’hui une autre dimension à ces pratiques et nous oblige à repenser nos méthodes d’enseignement et d’évaluation. Comme l’a souligné le Frère André-Pierre Gauthier, elle peut nous conduire à « bouleverser notre rapport à l’heure de classe et notre rapport au travail à la maison ».
Privilégier l’oralité, questionner un élève à l’instant T, lui demander d’expliquer son raisonnement : autant de pistes pour évaluer ses acquis et ses compétences, non dans une logique de sanction, mais dans une démarche éducative qui redonne toute sa place au dialogue, à la confiance et à l’accompagnement. Car le véritable enjeu est bien là. Il ne s’agit ni de céder à la fascination technologique ni de se laisser gagner par la peur, mais d’éduquer au discernement et de construire, avec les jeunes, des usages responsables de l’IA selon Eliot sans compter le gain de temps que nous pouvons consacrer aux jeunes soulignera Sandrine Olivier.
Pour le Père Pierre-Alexandre Collomb, nous devons aussi nous demander comment ces outils transforment notre rapport au réel, au savoir et à nous-mêmes. Ne risquons-nous pas de privilégier la performance au détriment du sens, de l’intuition et de la créativité ?
Dans la tradition lasallienne, l’éducateur est bien plus qu’un transmetteur de connaissances. Il est un compagnon de route, un adulte qui accompagne le jeune dans sa construction, avec attention, exigence et douceur.
L’intelligence artificielle peut nous aider à gagner du temps. À nous de faire en sorte que ce temps gagné soit réinvesti dans ce qui compte le plus : la relation éducative, la rencontre et l’accompagnement de chaque jeune, avec et pour lui.







