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Éducation : ce rapport qui pointe la disparition des leçons

Éducation : ce rapport qui pointe la disparition des leçons

https://fr.aleteia.org/2026/08/31/education-ce-rapport-qui-pointe-la-disparition-des-lecons

publié le 31/08/26|

Mathilde de Robien

Un rapport publié ce lundi 31 août par le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan propose un diagnostic visant à comprendre pourquoi les élèves français sont à la traîne par rapport à leurs homologues européens. Il pointe notamment la disparition des leçons écrites au profit des « activités de découverte ».

Le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan publie à la veille de la rentrée scolaire son diagnostic de la chute du niveau académique des élèves en France observée ces trente dernières années. Classes chargées, faible attractivité du métier d’enseignant, formation insuffisante, rythmes scolaires inadaptés, augmentation du nombre d’élèves à besoins particuliers, omniprésence des écrans… À l’issue d’une série d’auditions et de plusieurs réunions d’un groupe de travail composé de représentants du ministère de l’Éducation nationale et de chercheurs, un rapport de 236 pages passe tout au crible. Et parmi les multiples facteurs potentiels, il pointe l’appauvrissement voire la disparition des leçons au profit des « activités de découverte ».

La mise en activité au détriment de la mémorisation

« Mais où est la leçon ? » N’importe quel parent attentif à la scolarité de son enfant a un jour posé cette question en tournant avec exaspération les pages d’un cahier de français, de mathématiques, de sciences ou même d’histoire. L’enfant lève alors craintivement les yeux vers son père ou sa mère en montrant du doigt une vague et courte « trace écrite » perdue entre dix photocopies de documents divers et variés.

Pour cause, depuis « une quarantaine d’années au moins », date le rapport, les enseignants ont été formés avec le souci de mettre en œuvre des méthodes d’enseignement « favorisant l’engagement des élèves ». Qu’est-ce à dire ? Séance dialoguée, activités de découverte, démarche d’investigation… Autant d’outils pédagogiques visant à favoriser la réflexion et le raisonnement, plutôt que la mémorisation, et rendre l’élève « acteur de son apprentissage ».

Il se peut que le balancier soit allé trop loin du côté de l’activité, délaissant quelque peu la transmission.

« Si personne ne remet en cause la nécessité de l’engagement, il se peut que le balancier soit allé trop loin du côté de l’activité, du ­faire, délaissant quelque peu la transmission et l’­apprendre », souligne le rapport. « Le souci légitime de favoriser une posture active de la part des élèves a pu conduire à moins investir les outils et les pratiques qui permettent un ancrage durable des connaissances et des savoir-faire des élèves », regrettent les auteurs. Les activités visent à « faire », mais ne permettent pas forcément « d’apprendre ».

En outre, sur le terrain, les inspecteurs ont noté que les séances dialoguées peuvent avoir leurs limites : ennui chez une partie des élèves, niveau sonore fatiguant pour l’enseignant et les élèves, parcellisation des acquis. Sans compter que la séance dialoguée peut donner lieu à une « trace écrite » pauvre ou désordonnée.

Une trace écrite qui fait trop souvent défaut

Dans le jargon de l’Éducation nationale, la « trace écrite » désigne ce que l’élève conserve par écrit dans son cahier à l’issue d’une activité. Elle est généralement élaborée en fin de séance et de manière collective pour synthétiser les apprentissages et faciliter la mémorisation des élèves.

Chez certains enseignants, le cours ou la leçon ont quasiment disparu.

C’est cette fameuse trace écrite qui fait trop souvent défaut. « Chez certains enseignants, le cours ou la leçon ont quasiment disparu, ou bien ont laissé la place à une suite de résultats présentés sans articulation logique, sans cohérence », dénonce le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan.

En 2018, le rapport Villani-Torossian consacré à l’enseignement des mathématiques, constatait déjà « depuis le début des années 1990, la substitution du cours par des activités diverses qui n’avaient pourtant pas vocation à le faire disparaître ». L’une des recommandations du rapport Villani-Torossian était donc d’équilibrer les séances d’enseignement de mathématiques et de redonner leur place au cours structuré et à la trace écrite. Un rétropédalage qui se fait visiblement attendre.