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Aleteia: Le cèdre, arbre biblique qui élève le regard vers Dieu

Aleteia: Le cèdre, arbre biblique qui élève le regard vers Dieu

Philippe-Emmanuel Krautter – publié le 14/02/26

Majestueux et doté d’une longévité exceptionnelle, le cèdre est un arbre biblique incontournable puisqu’il est cité plus d’une cinquantaine de fois dans la Bible… 

Le cèdre, conifère impressionnant par son port et sa longévité, est notamment cité dans le récit biblique au livre du Lévitique. Dans ce dernier, on y apprend que parmi les nombreuses prescriptions rituelles, celle de la purification, si centrale dans le culte juif, faisait en effet obligation au prêtre de prendre du bois de cèdre pour la guérison du lépreux ; Les recherches scientifiques ont démontré, depuis, que l’essence de cèdre possédait effectivement la propriété de régénérer la peau… Ce bois, récurrent dans les actes de purification, fut également largement employé pour l’édification des temples. Ecoutons sur ce point, dans le deuxième Livre de Samuel, le prophète Nathan par l’intermédiaire duquel Dieu s’adressa au roi David pour qu’il lui édifie une maison : « Pendant tout le temps où j’étais comme un voyageur parmi tous les fils d’Israël, ai-je demandé à un seul des juges que j’avais institués pasteurs de mon peuple Israël : “Pourquoi ne m’avez-vous pas bâti une maison de cèdre ? » (2S7,7). La suite du texte biblique précise, qu’en fait, ce ne sera pas David en raison de ses trop nombreux égarements, mais son fils Salomon connu pour sa proverbiale sagesse qui bâtira en bois de cèdre sa Maison.

Majesté et longévité

Le cèdre apparaît ainsi tout au long de la Bible comme l’arbre rendant honneur à la gloire de Dieu, notamment en raison de son port royal, puisqu’il peut croître jusqu’à 50 mètres de haut, mais également pour sa longévité, certains d’entre eux pouvant atteindre deux milles ans… Aussi, le psalmiste n’hésite-t-il pas à le louer en ces termes : « Les arbres du Seigneur se rassasient, les cèdres qu’il a plantés au Liban ; c’est là que vient nicher le passereau » (Ps 103,16-17). Le bois de cèdre était aussi réputé pour sa dureté étant quasi imputrescible. Très odorant, il servait aussi à l’embaument des momies égyptiennes et était utilisé pour les encens des temples. Aussi, est-ce pour toutes ces qualité que Salomon, afin d’édifier le Temple du Seigneur, conclut un accord auprès d’Hiram, roi de Tyr (sud Liban) où poussaient les plus beaux cèdres : « Maintenant donc, ordonne que l’on coupe pour moi des cèdres du Liban. Mes serviteurs travailleront avec les tiens, et je te donnerai pour leur salaire ce que tu me fixeras ; car tu sais qu’il n’y a personne chez nous qui sache couper les arbres comme les gens de Sidon » (1R5,20).  Le Livre des Rois nous précise qu’Hiram s’exécuta avec empressement et fit envoyer du Liban jusqu’à la mer les plus beaux cèdres, avant de les assembler en radeaux pour les faire parvenir  jusqu’à la destination souhaitée par Salomon afin que ces plus beaux cèdres participent à l’édification du Temple de Jérusalem.

Condamnation de l’orgueil 

Nous le voyons, le cèdre s’impose au titre d’arbre biblique par excellence, ainsi que le souligne le prophète Ezéchiel (Ez 31,2-5) :

Un cèdre du Liban avait une belle ramure, des branchages produisant de l’ombre, et une taille si élevée que son sommet était au milieu des nuages. Les eaux l’ont fait grandir ; l’Abîme qui lui a donné de croître faisait couler ses fleuves autour du lieu où il était planté, et dirigeait ses canaux vers tous les arbres de la campagne. Ainsi sa taille était-elle plus élevée que celle de tous les arbres de la campagne, ses surgeons s’étaient multipliés, ses branches, allongées, grâce aux eaux abondantes qui coulaient vers lui. 

Mais, ne nous n’y trompons pas, si majestueux soit-il, le cèdre peut également servir d’allégorie afin de condamner l’orgueil de qui souhaite trop s’élever ; ainsi, que nous le rappelle également Ezéchiel en soulignant que  cette majesté conduisit cependant le cèdre à s’élever plus encore avec orgueil, délaissant ainsi la place que Dieu lui avait octroyée. La condamnation divine d’une telle démesure, de cette hubris, sera sans appel : « C’est pourquoi, ainsi parle le Seigneur Dieu : Parce qu’il a haussé sa taille, parce que son sommet atteint les nuages, que son cœur s’est élevé avec orgueil, je le livre aux mains du tyran des nations qui le traitera selon sa méchanceté. Je l’ai chassé ». La suite de l’histoire nous révèle que le majestueux, mais orgueilleux, cèdre fut abattu par des étrangers, pour être ensuite abandonné et ses branches brisées, avant que la désolation ne gagne le pays entier… Une sombre allégorie qui ne peut que nous inviter à la méditation…