FRERES DES ECOLES CHRETIENNES - PROCHE ORIENT
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Expériences pastorales dans le monde lasallien : dernier Cahier de la MEL
Expériences pastorales dans le Monde Lasallien, c'est le titre du No 40 des Cahiers de la MEL, qui vont cesser de paraître six ans après leur premier numéro.

Dans l'introduction de ce Cahier qui "termine une première étape ayant permis à de nombreux acteurs lasalliens de nous faire vibrer, savourer et valoriser la mission qui est entre nos mains", F. Alfonso Novillo nous invite à "reconnaître cette magnifique idée du F. Nicolas Capelle" et "remercie tous les auteurs des Cahiers, pour leur grande générosité et leur esprit de service".

Nous en tirons un article intitulé "Une convivialité au quotidien", par le F. Jean-Claude Hérault, secrétaire de notre District.

Pour le texte intégral de ce numéro 40 et des autres Cahiers de la MEL :
Cahiers MEL

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Une convivialité au quotidien, par le Fr. Jean-Claude Hérault
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Dans la société du Moyen-Orient la présence d’une multitude de minorités peut s’avérer être une chance pour un enrichissement mutuel, mais aussi une source de conflits permanents. Et c’est sans doute ce dernier point qui actuellement tente de prendre la première place. Pour se faire entendre, pour exister, il apparaît à certains que la voie la plus efficace est l’opposition, l’exclusion, l’ignorance, le renforcement à outrance des particularismes et finalement la violence sous toutes ses formes.
Dans un tel contexte les oeuvres lasalliennes établies dans la région depuis des décennies présentent un tout autre chemin, plus difficile certes, mais plus sûr à long terme. Elles sont donc d’une grande utilité par l’espace d’ouverture, de dialogue et de calme qu’elles offrent aux jeunes et aux adultes. C’est par une pratique quotidienne et inlassable qu’elles sèment au coeur des personnes les graines indispensables à l’établissement d’une société tolérante et ouverte à l’autre.

La présence lasallienne apparaît, au milieu du XIXe siècle, d’abord en Turquie puis en Egypte avant de s’étendre aux autres pays avoisinants : Palestine, Israël, Jordanie et Liban. Les vocations, nombreuses à cette époque, ont permis de créer et d’accroître les institutions, certaines petites, d’autres plus imposantes mais toujours dans le souci de servir les jeunes sans aucune distinction. Dès leur origine et jusqu’à nos jours, elles ont toujours pratiqué la culture du dialogue et du respect sans aucune discrimination communautaire. Elles se veulent accueillantes à tous quelles que soient les appartenances religieuses ou sociales, et offrent à chacun le respect qui lui est dû ainsi que la possibilité de s’engager ensemble dans l’écoute, la découverte et le service de l’autre. Toutes les initiatives éducatives et pédagogiques proposées s’inscrivent dans cette perspective.

Une caractéristique des institutions lasalliennes au Proche-Orient est la cohabitation de toutes les religions et de tous les rites : des chrétiens (catholiques, orthodoxes et protestants), des musulmans (sunnites, chiites et druzes) et des juifs (pratiquants ou issus de la diaspora). Tous ces jeunes, confiés par les parents qui reconnaissent la qualité de l’éducation dispensée, grandissent ensemble durant un parcours scolaire de plusieurs années. Pendant cette période, tout sera fait pour permettre à la fraternité de se développer.

En Turquie, une mobilisation générale des enseignants, des élèves et des parents, toute appartenance religieuse confondue, a permis la construction d’une école primaire dans un village ravagé par le tremblement de terre de 1999. Des liens se sont créés à cette occasion et ils perdurent au-delà de l’événement. Un appétit de solidarité et d’attention à l’autre, quel qu’il soit, s’est manifesté depuis, entraînant d’autres initiatives, plus modestes il est vrai, mais significatives de cet esprit d’ouverture et de tolérance désormais inculqué : parrainage de classes, ouverture des espaces aux enfants de la rue, programmes de formation technique pour les jeunes filles exclues du système scolaire normal.

Au Liban, le mois de Ramadan est occasion pour les professeurs et pour les élèves de rencontres intercommunautaires, entre eux, ou avec des jeunes d’institutions islamiques. Partager le pain et la joie engendre des gestes d’amitié. Quant aux mamans, chrétiennes et musulmanes, elles se retrouvent pour des temps d’échanges et pour découvrir alors que les préoccupations des unes sont aussi celles des autres. De là découle la possibilité de visites réciproques dans ce pays meurtri par 15 années de guerre civile et dans lequel le cloisonnement communautaire s’était installé. Ces visites mutuelles permettent de vaincre des réticences et des peurs et font découvrir la vitalité des institutions, musulmanes ou chrétiennes, dans lesquelles les mamans peuvent être engagées.

En Terre Sainte, l’oeuvre de Jaffa est porteuse de cet espoir d’un monde fraternel. D’abord par sa population scolaire où se mêlent plusieurs races et de nombreuses nationalités. Ensuite par les diverses appartenances religieuses que chacun respecte et découvre à travers un programme de culture religieuse proposé à tous : apprendre et découvrir l’autre dans sa manière d’invoquer Dieu efface et comble une ignorance toujours prête à alimenter des peurs. C’est aussi une manière d’éclairer les intelligences et de lutter contre des clichés et des discours discriminatoires. Quant au corps professoral, il reflète aussi cette mosaïque de croyances. Le travail ensemble, pour une même mission, dépasse les clivages politiques et les appartenances religieuses. Toutes les fêtes religieuses propres à chaque communauté sont respectées et souvent marquées par un congé ou un geste amical.

En Egypte, les institutions sont, elles aussi, ouvertes au dialogue et à la culture de ce dialogue. Outre les activités intercommunautaires favorisées durant le mois de Ramadan, des conférences à plusieurs voix (chrétiennes et musulmanes) sur des thèmes sociaux ou de vie quotidienne sont proposées aux élèves. Un lieu de prière pour les élèves musulmans, à usage exclusivement interne à l’établissement, est aménagé. Les visites de circonstances, lors de mariages ou de décès, sont encouragées. Un programme d’ouverture et d’engagement social est proposé aux élèves et aux éducateurs. Vivre ensemble un engagement au service de l’autre, quel qu’il soit, développe la solidarité, le sens civique et donne naissance à de grandes amitiés.
Les parents, chrétiens et non chrétiens, reconnaissent la recherche de l’excellence dans l’enseignement et l’éducation que nos établissements chrétiens proposent. Ils reconnaissent aussi que ces lieux sont porteurs de valeurs humaines qu’ils veulent inculquer à leurs enfants. Ainsi, tous ceux qui séjournent dans les oeuvres lasalliennes reçoivent les bases sur lesquelles ils pourront établir une société pluraliste et dans laquelle l’autre ne sera pas perçu comme un ennemi mais comme un ami potentiel ouvrant un trésor qu’il partage.

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LETTRE PASTORALE AUX FRÈRES 
Un unique appel, plusieurs voix
(pdf – 0,6Mb)



Commission des Vocations lasalliennes.
Communiqué n1


Frère Salomon Leclercq
Article à lire
Ressources à télécharger


RÉFLEXION LASALLIENNE 2 / 2016-2017
Un appel, plusieurs voix
Faire vivre la spiritualité dans la sécularisation

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La ligne du Temps du Fondateur




Intercom 147 – Juillet 2016





Lumen - Décembre 2016
« Service avec les pauvres »



25 mars 2017
Prière pour les Vocations