signum fidei
 
 Nº 23 - Lettre - 05 mars 2007
 

Cher Frères et Chers "Signum Fidei",

            Chaleureuses Salutations de Rome!
            Malgré les progrès importants réalisés récemment  dans  l'impression des Styles de Vie  révisés, nous n'avons pas été capables de respecter le délai d'impression de janvier que j'avais indiqué dans la dernière parution.  Les membres du Comité de Transition et moi-même, nous sommes très conscients de votre  impatience tout à fait compréhensible, et tout ce que je peux vous assurer, c'est que nous essayerons  de faire en sorte que les textes vous parviennent le plus tôt possible. Nous les  rendrons d'abord accessibles sur le web avant de vous les envoyer imprimés plus tard.
            Autres nouvelles :

PÉROU
            Fin janvier, 85 des "Signum Fidei" les plus  engagés de tout le pays se réunirent pendant quatre jours pour célébrer le 5e Congrès National Signum Fidei. Le congrès préparé soigneusement, qui a mis en lumière sept thèmes centraux, fut une merveilleuse expérience de partage, d'information, de prière et de fraternité.
            Le rapport de 50 pages que j'ai reçu des actes du Congrès décrit l'expérience et présente les fruits du discernement de l'assemblée exprimés en grandes orientations qui sont ensuite  sériées  selon leur importance, et finalement exprimées en lignes d'action pratiques. Ce plan-maître  sera certainement une aide appréciable pour la croissance continue des communautés SF dans le pays. Félicitations à tous  et à chacun!

AMÉRIQUE  CENTRALE
            Le District d'Amérique Centrale s'est embarqué dans un intéressant programme appelé : "Camino a la Asociación Lasallista;" (Chemin de l'Association Lasallienne). Fr. José Moreles, dont les mises à jour régulières sont très appréciées, nous informe qu'un total de 230  professeurs, en quatre endroits différents, deux au Guatémala et deux au Nicaragua, ont participé à la première phase du programme. Leur réponse enthousiaste au programme a été très encourageante.
            Ces professeurs ne sont pas Signum Fidei, mais les quatre centres ont été choisis parce qu'il y a là des Communautés Signum Fidei qui peuvent servir de modèles  de ce que signifie être des Lasalliens engagés. Avec l'aide de Dieu, certains de ces professeurs décideront peut-être un jour de se joindre à Signum Fidei.

PHILIPPINES
            Fr. Antonio Servando nous informe que trois  Assemblées Régionales SF eurent lieu dans trois  grandes  régions du pays en janvier et février. Quatre-vingt-douze participèrent à la dernière Assemblée, dans le nord du pays, parmi eux seize y firent leur première consécration.
ITALIE
            Fr. Juan Pablo Martin, Conseiller Général, et moi-même, nous avons passé deux jours à Gênes à visiter une œuvre remarquable à laquelle collabore Signum Fidei. Cette œuvre consiste en deux programmes: un programme de  cours particuliers après l'école pour les jeunes qui ont besoin d'aide dans leurs  études et un foyer d'accueil pour huit  adolescents immigrants, tous Musulmans,  qui n'ont aucune famille en Italie. Un groupe  d'anciens étudiants dévoués assure la continuité des programmes, aidés par un groupe de professeurs, de volontaires de tous âges et de Signum Fidei.
            Un moment important de la visite fut l'occasion de prier et de réfléchir avec un petit groupe de Signum Fidei et trois Frères, parmi lesquels Fr. Gian Piero Salvai, qui est bien connu de ceux d'entre vous qui  avez assisté à l'Assemblée Internationale de Rome.

FR.  GIAN PIERO  ÉCRIT

(Cette lettre a été écrite pour le Comité de Transition, mais je vous en communique des extraits qui peuvent nous encourager tous.)

Á Mes Chers Amis de Signum Fidei,
            Je ne vous ai pas oubliés ! Vous êtes toujours présents à mon esprit, surtout quand je suis en prière devant le Seigneur, et je me souviens spécialement de nos chers Frères et Sœurs du Liban qui sont si durement éprouvés…
            Ici, en Italie, nous avons un groupe de coordination qui se réunit régulièrement, et nous avons sept aspirants (cinq parents et deux professeurs). Fin avril, nous aurons notre retraite annuelle, et probablement de nouvelles consécrations en automne. Nous traduisons le "Style de Vie" pour qu'il soit  disponible pour chacun…
            D'autres expériences d'association se font dans l'Institut, mais ça ne devrait pas nous troubler. Si nous sommes d'authentiques Signum Fidei, nous ne perdons rien. Signum Fidei, vous avez une magnifique vocation bien définie, qui est clairement exposée dans le "Style de Vie".  Pour le monde et pour l'Église vous êtes un "signe de  foi dans le monde si plein de confusion et d'incertitude."
            Je souhaite à tous et à chacun un magnifique, profitable et saint Carême.
            Meilleurs souhaits, unis dans l'amour et la prière.
            Et finalement, Heureuse Pâque ! Le Christ est vraiment ressuscité, Alleluia !
Fr. Gian Piero Salvai

CONCLUSION

           

Restons unis dans la prière pendant ce saint temps de Carême. Je vous demande aussi de prier tout spécialement pour la bénédiction de Dieu  sur le prochain Chapitre Général des Frères. Merci !

           


            Fr. Victor Franco, FSC

 
 
 23 Réflexion - 05 mars 2007
 

Chers Frères et Signum Fidei,

            Pour nous aider à observer le Saint Temps du Carême de manière priante, je vous envoie le Message du le Saint Père  pour le Carême, intitulé : "Ils regarderont Celui qu'ils ont transpercé." Dans ce message, le Saint Père continue de développer quelques-unes des  réflexions que l'on trouve dans sa première Encyclique : "Deus Est Caritas" (Dieu est Amour)

 

Message de carême de Benoît XVI : L’amour du Cœur du Christ
« Ils regarderont celui qu'ils ont transpercé » (Jn 19, 37)


Chers  frères et sœurs!

« Ils regarderont celui qu'ils ont transpercé. » (Jn 19, 37). C’est le thème biblique qui guidera cette année notre réflexion quadragésimale. Le Carême est une période propice pour apprendre à faire halte avec Marie et Jean, le disciple préféré, auprès de Celui qui, sur la Croix, offre pour l’Humanité entière le sacrifice de sa vie (cf. Jn 19, 25). Aussi, avec une participation plus fervente, nous tournons notre regard, en ce temps de pénitence et de prière, vers le Christ crucifié qui, en mourant sur le Calvaire, nous a révélé pleinement l’amour de Dieu. Je me suis penché sur le thème de l’amour dans l’encyclique « Deus caritas est », en soulignant ses deux formes fondamentales: l’agape et l’éros.

L’amour de Dieu : agape et éros.

Le terme agape, que l’on trouve très souvent dans le Nouveau Testament, indique l’amour désintéressé de celui qui recherche exclusivement le bien d’autrui ; le mot éros, quant à lui, désigne l’amour de celui qui désire posséder  ce qui lui manque et aspire à l’union avec l’aimé.

L’amour dont Dieu nous entoure est sans aucun doute agape. En effet, l’homme peut-il donner à Dieu quelque chose de bon qu’Il ne possède pas déjà ? Tout ce que la créature humaine est et a, est un don divin : aussi est-ce la créature qui a besoin de Dieu en tout. Mais l’amour de Dieu est aussi éros. Dans l’Ancien Testament, le Créateur de l’univers montre envers le peuple qu’il s’est choisi une prédilection qui transcende toute motivation humaine. Le prophète Osée exprime cette passion divine avec des images audacieuses comme celle de l’amour d’un homme pour une femme adultère (3, 1-3) ; Ézéchiel, pour sa part, n’a pas peur d’utiliser un langage ardent et passionné pour parler du rapport de Dieu avec le peuple d’Israël (16, 1-22). Ces textes bibliques indiquent que l’éros fait partie du cœur même de Dieu : le Tout-puissant attend le « oui » de sa créature comme un jeune marié celui de sa promise.

Malheureusement, dès les origines, l’humanité, séduite par les mensonges du Malin, s’est fermée à l’amour de Dieu, dans l’illusion d’une impossible autosuffisance (Jn 3, 1-7). En se repliant sur lui-même, Adam s’est éloigné de cette source de la vie qu’est Dieu lui-même, et il est devenu le premier de « ceux qui, leur vie entière, étaient tenus en esclavage par la crainte de la mort » (Hb 2, 15).

Dieu, cependant, ne s’est pas avoué vaincu, mais au contraire, le « non » de l’homme a été comme l’impulsion décisive qui l’a conduit à manifester son amour dans toute sa force rédemptrice.

La Croix révèle la plénitude de l’amour de Dieu.

C’est dans le mystère de la Croix que se révèle pleinement la puissance irrésistible de la miséricorde du Père céleste. Pour conquérir à nouveau l’amour de sa créature, Il a accepté de payer un très grand prix : le sang de son Fils Unique. La mort qui, pour le premier Adam, était un signe radical de solitude et d’impuissance, a été ainsi transformée dans l’acte suprême d’amour et de liberté du nouvel Adam.

Aussi pouvons- nous bien affirmer, avec Maxime le Confesseur, que le Christ « mourut, si l’on peut dire, divinement parce que il mourut librement » (Ambigua, 91, 1956). Sur la Croix, l’éros de Dieu se manifeste à nous. Eros est effectivement – selon l’expression du Pseudo-Denys – cette force « qui ne permet pas à l’amant de demeurer en lui-même, mais le pousse à s’unir à l’aimé » (De divinis nominibus, IV, 13 : PG 3, 712). Existe-t-il plus « fol éros » (N. Cabasilas, Vita in Christo, 648) que celui qui a conduit le Fils de Dieu à s’unir à nous jusqu’à endurer comme siennes les conséquences de nos propres fautes ?

« Celui qu’ils ont transpercé »

Chers frères et sœurs, regardons le Christ transpercé sur la Croix ! Il est la révélation la plus bouleversante de l’amour de Dieu, un amour dans lequel Eros et Agapè, loin de s’opposer, s’illuminent mutuellement. Sur la Croix c’est Dieu lui-même qui mendie l’amour de sa créature : Il a soif de l’amour de chacun de nous. L’apôtre Thomas reconnut Jésus comme « Seigneur et Dieu » quand il mit la main sur la blessure de son flanc. Il n’est pas surprenant que, à travers les saints, beaucoup aient trouvé dans le cœur de Jésus l’expression la plus émouvante de ce mystère de l’amour.

On pourrait précisément dire que la révélation de l’eros de Dieu envers l’homme est, en réalité, l’expression suprême de son agape. En vérité, seul l’amour dans lequel s’unissent le don désintéressé de soi et le désir passionné de réciprocité, donne une ivresse qui rend légers les sacrifices les plus lourds. Jésus a dit : « Quand je serai élevé de terre, j'attirerai à moi tous les hommes. » (Jn 12, 32). La réponse que le Seigneur désire ardemment de notre part est avant tout d’accueillir son amour et de se laisser attirer par lui. Accepter son amour, cependant, ne suffit pas. Il s’agit de correspondre à un tel amour pour ensuite s’engager à le communiquer aux autres : le Christ «m’attire à lui » pour s’unir à moi, pour que j’apprenne à aimer mes frères du même amour.

Le sang et l’eau.

« Ils regarderont celui qu'ils ont transpercé ». Regardons avec confiance le côté transpercé de Jésus, d’où jaillissent « du sang et de l’eau » (Jn 19, 34) ! Les Pères de l’Église ont considéré ces éléments comme les symboles des sacrements du Baptême et de l’Eucharistie. Avec l’eau du Baptême, grâce à l’action du Saint Esprit, se dévoile à nous l’intimité de l’amour trinitaire. Pendant le chemin du Carême, mémoire de notre Baptême, nous sommes exhortés à sortir de nous-mêmes pour nous ouvrir, dans un abandon confiant, à l’étreinte miséricordieuse du Père (cf. saint Jean Chrysostome, Catéchèses 3,14). Le sang, symbole de l’amour du Bon Pasteur, coule en nous tout spécialement dans le mystère eucharistique : « L’Eucharistie nous attire dans l’acte d’offrande de Jésus… nous sommes entraînés dans la dynamique de son offrande » (Encyclique Deus caritas est, 13).

Nous vivons alors le Carême comme un temps « eucharistique », dans lequel, en accueillant l’amour de Jésus, nous apprenons à le répandre autour de nous dans chaque geste et dans chaque parole. Contempler « celui qu’ils ont transpercé » nous poussera de cette manière à ouvrir notre cœur aux autres en reconnaissant les blessures infligées à la dignité de l’être humain ; cela nous poussera, en particulier, à combattre chaque forme de mépris de la vie et d’exploitation des personnes, et à soulager les drames de la solitude et de l’abandon de tant de personnes.

Le Carême est pour chaque chrétien une expérience renouvelée de l’amour de Dieu qui se donne à nous dans le Christ, amour que chaque jour nous devons à notre tour « redonner » au prochain, surtout à ceux qui souffrent le plus et sont dans le besoin. De cette façon seulement nous pourrons participer pleinement à la joie de Pâques.

Marie, Mère du Bel Amour, tu nous guides dans ce chemin du Carême, chemin d’authentique conversion à l’amour du Christ.

A vous, chers frères et sœurs, je souhaite un chemin du Carême profitable, et je vous adresse affectueusement à tous une spéciale Bénédiction Apostolique.

BENEDICTUS PP. XVI

         
 
lasalle-po.org