FRERES DES ECOLES CHRETIENNES - PROCHE ORIENT
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Ecole Saint Vincent de Paul et Réseau LéA (Liban)
Jeudi 22 septembre, nous avons été accueillis à l’école primaire St Vincent de Paul, appartenant au réseau de la congrégation des Frères des Ecoles Chrétiennes. Cette école ayant été liée à plusieurs recherche-action cordonnées par l’Université St Joseph, cette visite avait pour objectif de prendre connaissance des projets actuels et passés, puis de questionner les effets de ces derniers sur le système éducatif. La directrice de l’école, Claire Saïd a participé à la conférence et au séminaire que nous avons animés cette semaine.
 
L’école a été créée il y a 125 ans. Initialement située au centre de Beyrouth, elle a été déplacée dans un quartier périphérique pendant la guerre civile, et y est restée. Ce quartier populaire rassemble une forte communauté arménienne, et de nombreux réfugiés (d’Irak et de Syrie) y ont trouvé refuge. Claire Said souligne que les familles du quartier nourrissent de fortes ambitions pour leurs enfants, et considèrent l’éducation comme quelque chose de prioritaire. L’école, qui va de la maternelle à la fin du primaire, accueille 750 élèves, répartis en 18 classes. Elle est gérée par un conseil de direction, un conseil pédagogique et un conseil pédagogique élargi, intégrant tous les responsables des axes du projet pédagogique.
 
Dans un premier temps, le projet pédagogique à venir a été présenté : « Ouvrons nos horizons ! ». La conception de ce projet a impliqué l’ensemble des acteurs de l’éducation concernés par l’école primaire : questionnaire aux parents sur le fonctionnement de l’école, état des lieux fait par les professeurs, puis recueil des propositions d’action, détermination d’axes et constitution d’un comité de pilotage reposant sur les animateurs des axes.
 
Le projet repose sur quatre axes : comment l’école peut-elle contribuer à soutenir les personnes vulnérables (les réfugiés dans le quartier, les familles socialement défavorisées) ;  comment l’école peut-elle contribuer au développement de la francophonie à travers ses activités d’enseignement et culturelles et ses partenariats ; comment l’école peut-être contribuer à l’autonomie des élèves (vers une charte de vie scolaire impliquant les élèves, les parents et les professeurs) ; comment l’école peut développer son attractivité (repenser par exemple la conception d’un règlement intérieur).
 
Cette recherche action, développée dans plusieurs écoles du réseau Lassalien, concernait la remédiation scolaire. La présentation des animatrices de la recherche visait à  retracer les difficultés de l’entreprise, et ce qu’il en restait, quelques années après, pour les établissements et les acteurs impliqués.
 
Cette présentation a été très riche… J’en retiendrais quelques phrases des enseignantes présentes : « Au début, on n’avait rien, sauf la structure générale du projet (les idées de contrat, de tutorat, de métacognition, de portfolio)… Il y avait des moments où l’on ne savait pas quoi faire, des temps de désolation, … On était face à la difficulté, et l’extérieur attendait beaucoup de nous… Notre rapport à l’université a beaucoup évolué… Les professeurs travaillant ensemble se sont enrichis mutuellement…  Nous nous sentions relativement libres, nous pouvions recommencer, ajuster… Le défi oblige au dépassement… la relation avec la formation est transformée… Une formation issue des questionnements du terrain, en relation avec les ressources manquantes de la profession… Difficulté de trouver des solutions généralisables… Le chercheur rassure, ne donnant pas des outils tous faits… Le chercheur et l’enseignant partagent le succès et l’échec… »
 
Ce qu’il en reste : un dispositif de tutorat, un système de contrats entre les enseignantes et les élèves en difficulté (des contrats qui ne sont pas figés, et qui évoluent en fonction des attentes mutuelles), une conviction des acteurs que l’échec des élèves n’est pas une fatalité et une confiance dans l’action commune, dont porte la trace le projet pédagogique de l’école en cours de finalisation.

Du point de vue du développement professionnel des acteurs, cette recherche-action a été aussi productrice : la directrice de l’école (elle n’avait pas cette fonction au moment du projet) a soutenu un mémoire de master recherche à la Faculté des Sciences de l’Education en 2012 : « Dispositif de remédiation dans le cadre d’une recherche-action-remédiation, étude de cas au cycle primaire dans un établissement scolaire privé ». D’autres enseignantes sont aussi engagées actuellement dans des masters ou des thèses.
 
Une bonne base pour être un élément actif d’un réseau d’établissements libanais cultivant les recherches-action? A suivre !

source : Petite chronique des LéA à Beyrouth (4)

Ecole Saint Vincent de Paul




 

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