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L'Université de Bethléem dans le Figaro


En Palestine, l’université catholique de Bethléem reste une lumière d’espoir

     Par Hugues Lefèvre / Publié le 20/10/2015 à 16:55

Source : etudiant.lefigaro.fr

Située dans les territoires palestiniens, à une dizaine de kilomètres de Jérusalem, l’université catholique de Bethléem se bat depuis près de quarante ans pour assurer une formation de qualité dans un contexte de tensions.

«Notre mission n’est pas de convertir les musulmans au christianisme. Notre vocation est d’offrir à tous les Palestiniens une formation solide qui leur donnera un métier». Le Frère Peter Bray, néo-zélandais d’origine, est le recteur de l’université de Bethléem. De passage en France, il a donné aux futurs ingénieurs de LaSalle Beauvais un témoignage bouleversant sur la vie des étudiants en Palestine.

À Bethléem, l’université catholique vit au rythme du conflit israélo-palestinien. «En près de quarante ans d’histoire, l’établissement a été fermé une douzaine de fois par les Israéliens». Pendant la première Intifada, les portes de l’université sont même restées closes durant trois années (1987-1990). «Certains professeurs ont tout de même décidé d’assurer leurs cours, mais de manière clandestine. Enseignant et élèves se réunissaient dans des appartements, par groupes de neuf car l'armée israélienne interdisait les rassemblements de plus de dix personnes».

Aujourd’hui encore, les murs de l’université conservent les signes de cette histoire mouvementée. Sur certaines façades, des traces d’impacts de balles sont toujours visibles.


L’établissement a accueilli plus de 400 jeunes de la bande de Gaza

L’idée d’une université catholique à Bethléem est née lors du voyage du pape Paul VI en Terre Sainte, en 1964. Près de dix ans plus tard, l’établissement ouvrait ses portes, sous la direction des Frères des Écoles Chrétiennes, aussi appelés Lasalliens. Cette congrégation catholique, fondée en 1680 par Jean-Baptiste de La Salle, gère un réseau de 72 universités à travers le monde.

Aujourd’hui, l’université de Bethléem compte plus de 3.000 étudiants. Certains viennent de loin. «Depuis sa création, l’établissement a accueilli plus de 400 élèves originaire de la bande de Gaza» assure le recteur de l’université, en précisant toutefois que ce genre de cas reste compliqué à gérer.

Bien que «catholique», seul un peu plus d’un quart des jeunes de l’université sont chrétiens, les autres sont musulmans. Chose étonnante: les trois quarts des élèves sont des étudiantes. «Les palestiniens sont un peuple cultivé où les femmes sont avides de savoir» explique le Frère Peter Bray.


Des formations en santé, business et hôtellerie

L’université est composée de cinq filières: soin et santé, business et commerce, tourisme et hôtellerie, arts et enfin le département éducation qui prépare les jeunes aux métiers de l’enseignement. L’établissement bénéficie d’une excellente réputation. D’ailleurs, «toutes les écoles catholiques au Moyen-Orient sont bien perçues» affirme le Fr. Bray. «En Égypte par exemple, une grande partie de la haute société est passée par des établissements catholiques. Ceux-ci sont gage de qualité et de respect des confessions».

Dans une ville qui compte 23% de chômeurs, l’université doit donner aux jeunes des compétences pour trouver du travail. Si la filière business souffre d’un manque de débouchés, le pôle «tourisme et hôtellerie» a la cote. «La Terre Sainte attire de très nombreux pèlerins. Le secteur peut encore se développer» estime le recteur de l’université. Mais là encore, l’activité reste fragile car dépendante de l’actualité politique et militaire de la région.
 

Le Vatican verse près d’un million de dollars chaque année

A l’université catholique de Bethléem, une année coûte environ 4 000 dollars par étudiant (soit environ 3 500€). Néanmoins, grâce à un système d’aides, personne ne paye la totalité des frais. Il arrive même que certains ne déboursent rien. Pour financer son budget annuel de 15 millions de dollars, l’université compte sur les subventions et les donations. Elle reçoit chaque année un chèque de près d’un million de dollars de la part de l’État du Vatican. Du côté des dons, ils proviennent majoritairement des États-Unis et du Canada. «L’autre miracle de Bethléem, c’est que nous arrivons chaque année à rentrer dans nos frais!» ironise le recteur.
 

Deux heures pour un trajet de moins de vingt kilomètres

«La difficile mobilité des étudiants palestiniens est un sérieux problème», assure le Fr. Bray. Les jeunes qui ne vivent pas à Bethléem peuvent perdre énormément de temps dans les transports, notamment à cause des check points israéliens. «Je me souviens d’une étudiante vivant à Jérusalem-Est. Chaque jour elle devait prendre le bus pour se rendre à l’université. Et quand elle montait dans l’autocar, elle savait qu’elle pourrait mettre une demi-heure, une heure, voire deux heures de plus pour un trajet de moins de vingt kilomètres».

«Une autre fois, une étudiante habitant la bande de Gaza devait revenir à Bethléem pour passer ses derniers examens et valider son diplôme. Même après plusieurs recours, l’armée israélienne n’a jamais voulu qu’elle quitte Gaza. Face à cette situation, trois de nos professeurs sont partis là-bas pour lui faire passer les examens».


Dix étudiants partent chaque année faire un stage aux États-Unis

Le Frère Peter Bray enchaîne les anecdotes. «Il y a des choses étonnantes en Terre Sainte. Moi, je suis néo-zélandais et je peux aller au St Sépulcre (Jérusalem) sans aucun souci. Mais je connais des chrétiens palestiniens qui n’ont jamais pu s’y rendre». Pour sortir de cette «prison», l’université de Bethléem essaye de tisser des partenariats avec des établissements étrangers. Bien que les visas soient difficiles à obtenir, dix étudiants partent chaque année faire un stage aux États-Unis.
 

Certains n’avaient jamais rencontré de chrétiens

Lorsque certains s’inquiètent de l’augmentation du nombre d’étudiants musulmans par rapport aux catholiques, le Fr. Bray répond avec habilité et foi. «On peut aussi y voir une chance. Cela signifie que davantage de non-chrétiens vont découvrir ce qu’est vraiment le christianisme!»

Sans jamais chercher à convertir, l’université catholique veut seulement combattre l’ignorance et les peurs irrationnelles. «Un étudiant musulman m’a dit un jour qu’avant de venir ici il n’avait jamais croisé de chrétiens et que l’on racontait des choses ahurissantes à leurs sujets. En les côtoyant à l’université, il s’est fait une réelle opinion. Aujourd’hui, son meilleur ami est catholique».

Même s’il n’est pas optimiste pour la suite des événements dans la région, le recteur de l’université continue d’espérer en une résolution du conflit. «L’histoire a montré que parfois des situations impossibles finissaient mystérieusement par se résoudre». A son niveau, l’université catholique de Bethléem reste aujourd’hui un phare dont la lumière maintient l’espoir d’une acceptation mutuelle des peuples et des cultures au Moyen-Orient.


http://www.bethlehem.edu/
Bethlehem University

 

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